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Comment aborder les livres de Science (lecture, choix) ? – Al-‘Uthaymin

22 Mai

Question :

Première disposition : Comment [l’étudiant en science] doit-il étudier un livre ?

Réponse :

Pour l’étude d’un livre, il faut plusieurs choses :

1) Connaître le sujet du livre :

Ceci est nécessaire afin que la personne profite du livre. Il peut avoir besoin de se spécialiser. Il se peut que le livre traite de la magie, du charlatanisme ou du faux. C’est pourquoi il faut tout d’abord s’informer sur le sujet du livre afin d’en tirer profit.

2) Connaître les terminologies :

Car certes connaître les terminologies et les qualificatifs permet d’apprendre et de gagner beaucoup de temps. C’est pourquoi beaucoup de savants commencent leurs livres par leur explication. A titre d’exemple, nous savons que lorsque l’auteur de « Bouloûgh al-Marâm » dit : « Mutafaqun ’alayhi », cela veut dire rapporté par al-Bukhârî et Muslim, alors que l’auteur de « al-Mutaqa » diverge de cela ; Quand l’auteur de « al-Mountaqa » dit « Mutafaqun ’alayhi », il entend par là que le hadîth est rapporté par l’Imâm Ahmad, al-Bukhârî et Muslim. De la même manière, dans les livres de jurisprudence, beaucoup de savants font une distinction entre les expressions : « al-Qawlayn », et « al-Wadjhayn », « ar-Riwâyatayn », « al-Ihtimâlayn ». Et ainsi donc : « ar-Riwâyatayn » renvoie [aux traditions rapportées] de l’Imâm Ahmad. « al-Wadjhayn » renvoie à « al-Ashâb », et « Ashâb » est le dogme en la matière des grands de « Ahl al-Tawdjiyat ». -« al-Ihtimâlayn » traduit une hésitation entre deux opinions. Et : « al-Qawlayn » a une portée sur tout cela plus générale. De même, il faut comprendre ce qu’entend un auteur quand il emploie par exemple : « Idjmâ’an » ou « Wifâqan ». « Idjmâ’an » exprime le consensus entre la Communauté. Et quand il dit : « Wifâqan » cela implique spécifiquement l’accord des trois grands imâms selon la terminologie de l’auteur de « al-Fouroû’ » dans la jurisprudence Hanbalite.

De même que les auteurs des autres dogmes de pensée ont leurs terminologies en la matière. Il faut donc connaître les terminologies de l’auteur [que l’on étudie].

3) Connaître son approche et son style :

Quand vous lisez un livre pour la première fois surtout pour les livres scientifiques, il vous arrive de rencontrer une expression qui nécessite une réflexion particulière, parce qu’elle ne vous est pas habituelle. La lecture répétée d’un livre permet de s’habituer à ce type de livre.

Il y a aussi une chose qui accompagne le livre :

Il s’agit des annotations [indépendantes] et précisions qu’il est obligatoire pour l’étudiant en science d’utiliser. Lorsqu’il remarque une question qui nécessite un commentaire ou une preuve ou explication et craint de l’oublier, il doit l’annoter – et cela en marge de la page de droite, de gauche, du haut ou du bas. Effectivement, il arrive beaucoup de fois que l’on oublie des leçons que l’on aurait pu notées en une ou deux minutes. Mais puisqu’on ne l’a pas fait, on se trouve après quelques temps incapable de se les rappeler. L’étudiant en science se doit de prendre soin de l’annotation notamment quand il étudie un ouvrage de jurisprudence. Il se peut qu’il vous arrive dans [l’étude] de certains ouvrages de tomber sur une question liée à un problème. Si vous avez du mal à la comprendre, vous vous referez à des ouvrages plus approfondis que celui que vous avez entre les mains car il est possible que vous y trouviez une explication de la question équivoque. L’explication trouvée doit être annotée et liée à la question expliquée de sorte à ne plus avoir besoin de se référer à l’ouvrage dans lequel la question problématique est citée. Ce qui permet de gagner du temps.

Le deuxième aspect : La lecture des ouvrages se fait de deux manières :

  1. Une lecture méditée qui permet de comprendre. Il faut que cela se fasse de façon très lente.
  2. Une lecture rapide qui consiste à survoler le livre pour en connaître le sujet et les chapitres. Dans ce cas, on prend connaissance du sujet approché. Tout cela se fait très rapidement. Cela ne se fait pas avec méditation.

La meilleure manière d’étudier les livres est de s’y appliquer avec méditation et réflexion et de recourir aux gens de science authentique. Il est évident que le livre qui mérite le plus d’être étudié de cette façon est celui d’Allâh – ’Azza wa Djal. Et il faut être patient et persévérant car il n’a pas été offert à l’homme un bien aussi important que la patience.

Le troisième aspect : Le recueil [rassemblement] des livres.

L’étudiant en science se doit de se procurer des livres, ceci dit, il se doit de donner des privilèges [dans ses choix]. Si une personne n’a pas beaucoup de moyen, il n’est pas bon et il n’est pas sage d’acheter beaucoup de livres et de dépenser pour eux, car c’est une mauvaise économie. Si vous ne pouvez pas acheter de livres avec votre propre argent, vous pouvez les emprunter dans n’importe quelle bibliothèque.

Le quatrième aspect : La préférence pour les livres essentiels.

L’étudiant en science doit donner préférence à l’acquisition des ouvrages essentiels dans les fondements au lieu [des ouvrages] d’auteurs récents, car certains de ces auteurs ne possèdent pas une science solidement édifiée. C’est la raison pour laquelle, quand vous lisez ce qu’ils ont écrit, vous le trouvez superficiel. Vous pouvez trouver [que l’auteur] utilise une citation directe ou indirecte, rendant le sens [de cette citation] répétitif. En somme, contentez-vous des ouvrages écrits par les anciens car ils sont bien meilleurs et beaucoup plus bénis que les livres des contemporains. La plupart des écrits des contemporains apportent peu dans les sens, en étant volumineux. Il vous arrive de lire tout une page qui pourrait être ramenée à une ligne ou deux. Alors que les ouvrages des anciens sont bien rédigés, faciles et si précis que l’on n’y trouve pas un seul mot de trop.

Parmi les plus importants livres que l’étudiant en science doit obligatoirement acquérir, il y a les livres de SHeikh al-Islâm Ibn Taymiyyah et ceux de son disciple Ibn al-Qayyîm (Rahimahumâ-Allâh). Les livres de Ibn al-Qayyîm sont plus faciles et mieux exposés. Car le style de SHeikh al-Islâm Ibn Taymiyyah est marqué par des leçons [lourdes] fortes découlant de l’abondance de son savoir et du débordement de son intelligence. C’est comme si Ibn al-Qayyîm avait vu une maison bien construite et s’était mis à la décorer et à arranger ce qu’elle contenait. Nous dirons plus encore, que Ibn al-Qayyîm ne copiait pas [les avis de] Ibn Taymiyyah, chaque fois qu’il estimait que son SHeikh s’était écarté de ce qu’il croyait juste, il donnait son avis. Cela tel que lorsqu’il a vu plus juste l’avis d’Ibn Abbâs selon lequel le pèlerin qui se rend à la Mecque démuni d’un animal à sacrifier doit transformer son Hadj en une ’Oumra, il dit : « Je suis plus proche de cet avis que de celui de notre SHeikh [Ibn Taymiyyah] qui pensait que cet ordre était réservé aux Compagnons du Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) ». Ceci montre qu’il [Ibn al-Qayyîm] avait su faire preuve d’indépendance d’esprit. Ce qui ne l’empêchait guère de suivre l’opinion de son SHeikh quand il l’estimait juste. Nul doute, si l’on examine attentivement la plupart des choix de SHeikh al-Islâm, on se rend compte qu’ils sont justes. Ceci est connu chez tous ceux qui ont étudié ses livres avec méditation.

Le cinquième aspect : L’appréciation des livres.

Les livres sont de trois catégories :

  • La première : Les bons livres
  • La deuxième : Les mauvais livres
  • La troisième : Les livres ni bons ni mauvais

Faites en sorte que votre bibliothèque soit équipée de bons livres et débarrassée des mauvais. Parmi ceux-ci, il y a des livres que l’on dit être des livres de « Adab » [culture, littérature]. Néanmoins, ces livres font perdre du temps car ils font perdre du temps dans ce qui n’est pas profitable. Il existe aussi des ouvrages nuisibles parce qu’ils transportent des idées précises selon une méthodologie déterminée. Ces ouvrages aussi ne doivent pas entrer dans votre bibliothèque, que leur défaut réside dans leur méthodologie ou dans leur doctrine comme les livres des innovateurs qui ont des déficiences dans le dogme.

D’une façon générale, tout livre nuisible ne doit pas entrer dans votre bibliothèque. En effet, les livres constituent une nourriture spirituelle identique à la nourriture et boisson pour le corps. Si l’on se nourrit de ce type de livres [nuisibles], cela causera un grand préjudice [à la personne] et l’engage dans une méthodologie contradictoire à celle de l’étudiant en science authentique.

Référence : Kitâb ul-’Ilm de SHeikh Ibn ’Uthaymîn, p.87-91 – traduit par manhajulhaqq.com

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